Maintenant il est content d'avoir ce travail à Béziers.
Il s'est acheté une auto d'occasion. Il fait du large pour la garer...
Il trie et jette des trastes, des choses de longtemps inutiles.
Il lui semble entendre sa mère:
- " Avec tout le large que tu as, tu escampes, et tu ne sais pas de quoi tu auras besoin pour te tirer d'en peine! "

Il retrouve la planche qui faisait grille d'envol à ses pigeons voyageurs ; Il ne les à plus. Il a dû les donner.
Il n'est pas content parce que là où il les a donnés, ils n'y entendent rien, ils les ont mis dans un fenestron qui ouvre au nord.

Cette planche, il ne va pas la jeter. Avec rien de travail elle ferait une porte à la grande caisse qui est là, au mitant.
Deux charnières, ça semble presque un meuble, profiter ces boites pour tiroirs, puis faire des étagères avec la caisse
" Toneline " démontée.
-" Mé danné ! "

Il a cassé un pot où il mettait la mesure de blé pour ses oiseaux :
Tant pis, il n'en a plus besoin ; mais peut-être profiter le couvercle en faisant un creux au diamètre sur le dessus du meuble, pour mettre ce restant de blé.

Il repense à ses pigeons, à celui qui avait obtenu le prix du plus jeune pigeon voyageur en course.
Le meuble lui rappelle ce moment quand il le regarde ou qu'il le touche ; et surtout, il lui fait penser à se garder une part pour lui-même :
Un jour il fera un pigeonnier comme il faut, avec des alvéoles bien protégées, la grille d'envol au sud-est, il sait où
Il regarde l'endroit dans la façade.

Alain Fornells